La pêche sportive no-kill : éthique, gestes et engagement pour les poissons

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Manon

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La pêche sportive no-kill : éthique, gestes et engagement pour les poissons
  • Le no-kill consiste à remettre le poisson à l’eau vivant après la capture, la pesée et la photo. Cette pratique est devenue la norme dans les disciplines de pêche sportive (carnassiers, carpe, mouche) et est imposée par réglementation sur de nombreux parcours.
  • Des tailles minimales de capture existent afin de protéger des espèces sensibles.
  • Le no-kill doit respecter certains gestes de manipulation : éponge ou tapis humide, mains mouillées, temps hors de l’eau minimal (moins de 2 minutes), remise à l’eau dans l’eau (ne pas jeter le poisson), maintien jusqu’à la reprise du contrôle.

Le no-kill, c’est la pratique qui consiste à remettre les poissons à l’eau après les avoir capturés. Ce qui était marginal dans les années 1990 est devenu aujourd’hui la norme dans la pêche sportive moderne.

Ce guide explique pourquoi, et comment bien pratiquer le no-kill.

À savoir : pour le guide des disciplines de pêche sportive, consultez : guide complet de la pêche sportive en France.

Pourquoi pratiquer le no-kill ?

La préservation des populations

Le no-kill est une réponse directe à la surpêche. Plus un plan d’eau est fréquenté, plus les populations de poissons sont sollicitées. Sans no-kill, les grands spécimens disparaissent rapidement. Avec le no-kill, les mêmes poissons peuvent être capturés plusieurs fois par différents pêcheurs, créant ainsi une abondance durable.

L’exemple du brochet : avant la généralisation du no-kill, les brochets de plus de 1 mètre étaient rares dans la plupart des rivières françaises car ils étaient systématiquement gardés. Aujourd’hui, sur les parcours no-kill, les populations de grands brochets se reconstituent.

La valeur sportive

Un grand poisson (un brochet de 100 cm, une carpe de 25 kg, un silure de 1,50 m) est généralement âgé de plusieurs années. Le garder pour le manger (ou pire, le jeter) détruit en une minute ce que la nature a construit en 20 ans. Le remettre à l’eau préserve le plaisir de la capture pour d’autres pêcheurs et pour soi-même à l’avenir.

La réglementation qui évolue

Les réglementations françaises de pêche imposent de plus en plus de périodes de remise à l’eau obligatoire. Par exemple, le sandre capturé entre fin avril et mi-juin doit être remis à l’eau immédiatement dans de nombreux départements ou encore le brochet pendant sa période de reproduction.

À savoir : la tendance réglementaire est clairement au renforcement du no-kill et des tailles minimales.

Les gestes d’une bonne remise à l’eau

Pour les carnassiers (brochet, sandre, perche)

  • Épuisette adaptée : grande épuisette à mailles caoutchoutées ou textile doux, posée à plat dans l’eau avant de faire rentrer le poisson dedans. Ne jamais soulever un grand carnassier par les branchies ou la mâchoire sans soutenir le corps.
  • Décrocher rapidement : utiliser des pinces à hameçons (« dégorgeoir ») pour retirer l’hameçon sans manipuler trop longtemps. Si l’hameçon est trop profond, couper le bas de ligne plutôt que d’arracher l’hameçon.
  • Temps hors de l’eau : moins de 2 minutes idéalement. Pour la photo, tenir le poisson horizontalement (ne jamais laisser pendre verticalement par la mâchoire, ce qui abîme les vertèbres).
  • Remise à l’eau : soutenir le poisson dans l’eau, dans un courant modéré, jusqu’à ce qu’il reprenne son équilibre et parte de lui-même. Ne pas le pousser ni le lâcher précipitamment.

Pour la carpe

  • Tapis de réception : tapis de réception épais, mouillé, posé à plat à côté de l’eau. La carpe y est déposée délicatement et maintenue couchée (ne jamais la laisser se débattre seule).
  • Sac de pesée : sac de pesée en tissu perforé, mouillé, dans lequel la carpe est pesée sans la blesser.
  • Antiseptique : si la carpe présente des blessures (griffures d’hameçon, lèvre abîmée), application d’un antiseptique spécifique (Propolis, Korda Carp Care) sur les plaies avant remise à l’eau.
  • Oxygénation : pour les carpes ayant combattu longtemps (plus de 30 minutes), les tenir dans l’eau en orientant leur bouche vers le courant pour oxygéner les branchies est pertinent.

Pour la truite et l’ombre à la mouche

  • Pas de tapis : la truite ne doit pas être posée hors de l’eau. Le décrocher dans l’eau, en gardant le poisson immergé. Utiliser des hameçons sans ardillon (ou ardillon écrasé) pour faciliter le décroché.
  • Mains mouillées : les mains sèches arrachent le mucus (enduit protecteur) des écailles. Il est nécessaire de se mouiller les mains avant toute manipulation.
  • Les relâcher face au courant : tenir la truite ou l’ombre face au courant pour oxygéner les branchies. Le poisson repart quand il a recouvré ses forces.

À savoir : en mer, la réglementation des espèces est tout aussi stricte. Notre guide sur la pêche au thon rouge et notre article pêche au gros vs pêche côtière présentent les règles spécifiques à la pêche maritime.

La réglementation du no-kill en France

Les périodes de remise à l’eau obligatoire

La réglementation varie par département. Certaines périodes de reproduction imposent la remise à l’eau immédiate de toutes les captures, quelle que soit la taille.

Les parcours no-kill réglementés

De nombreuses Associations Agréées de Pêche (AAPPMA) ont aménagé des parcours no-kill sur leurs rivières et lacs : des tronçons où la remise à l’eau est obligatoire pour toutes les espèces, sans quota. Ces parcours sont souvent les plus poissonneux et les plus intéressants pour la pêche sportive.

L’engagement des pêcheurs sportifs pour l’environnement

Les pêcheurs sportifs jouent aussi un rôle dans la prévention. Ils sont souvent les premiers à signaler les pollutions, les assèchements anormaux…

  • Les associations : La FNPF (Fédération Nationale de la Pêche en France) et la FFPS (Fédération Française des Pêches Sportives) financent et coordonnent des opérations de repeuplement, de nettoyage des berges et de sensibilisation aux pratiques éco-responsables.
  • Les programmes scientifiques : de nombreux pêcheurs participent à des programmes scientifiques de marquage des poissons, contribuant à la connaissance des populations et des migrations.

À savoir : pour organiser une sortie de pêche dans les meilleures conditions, notre guide préparer une sortie de pêche au gros donne tous les conseils pratiques, applicables quelle que soit la discipline.

La pêche no kill
Le No-kill est une pratique de plus en plus adoptée, et ce, partout dans le monde. ©Dmytro Sheremeta – Shutterstock

Les questions les plus fréquentes

Un poisson remis à l’eau survit-il toujours ?

Si les gestes de manipulation sont corrects (temps hors de l’eau minimal, mains mouillées, pas de choc thermique, hameçons sans ardillon ou ardillon écrasé) alors le taux de survie du poisson sera élevé.

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