Base jump : tout savoir sur la discipline extrême du saut depuis une falaise

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Lucas

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Base jump : tout savoir sur la discipline extrême du saut depuis une falaise
  • BASE est un acronyme désignant les quatre types de structures depuis lesquelles on saute : Building (immeuble), Antenna (antenne), Span (pont) et Earth (falaise ou montagne). Le terme a été créé par l’Américain Carl Boenish dans les années 1970.
  • Le base jump est 43 fois plus dangereux que le parachutisme classique selon les statistiques disponibles. Il est souvent recommandé de posséder un minimum de 500 sauts en parachute avion avant de s’y initier.
  • En France, il existe la French BASE Association (FBA), affiliée à la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM), et compte environ 300 pratiquants réguliers.

Le base jump est considérée comme une discipline extrême issue du parachutisme. Sauter depuis une falaise à 300 mètres de hauteur avec 3 secondes pour ouvrir son parachute, voler en wingsuit à quelques mètres d’une paroi rocheuse à 200 km/h, ou s’élancer depuis un viaduc en plein jour : le base jump réunit dans une même pratique toute la maîtrise technique du parachutiste.

Voici un guide complet sur cette discipline qui fascine autant qu’elle interroge.

À savoir : le base jump est la continuation naturelle des disciplines avancées du parachutisme. Pour partir de la base, consultez notre guide complet du saut en parachute.

Qu’est-ce que le base jump ?

Le base jump consiste à sauter avec un parachute spécifique depuis un point fixe au sol, et non depuis un avion. C’est cette distinction fondamentale qui sépare le base jump du parachutisme classique et qui en fait une discipline à part entière.

Les quatre catégories de structures qui composent l’acronyme BASE définissent également la progression dans la discipline.

  • Les immeubles (B) et antennes (A) offrent des hauteurs modestes (de 50 à quelques centaines de mètres) avec des temps de chute libre de 3 à 8 secondes.
  • Les ponts (S) constituent souvent le point d’entrée pour les débutants en base jump : la hauteur est plus importante que depuis un immeuble urbain, et l’environnement est plus prévisible que la montagne.
  • Les falaises (E) et massifs montagneux représentent le terrain de jeu principal des base jumpers expérimentés, avec des hauteurs allant de quelques centaines à plus de 1 500 mètres.

Les pionniers : Carl Boenish et l’histoire du base jump

La discipline remonte aux années 1960, quand l’Autrichien Erich Felbermayer réalise des sauts depuis des falaises alpines avec un équipement parachute adapté.

Mais c’est l’Américain Carl Boenish qui est universellement reconnu comme le père du base jump moderne. Cinéaste et parachutiste passionné, il réalise en 1978 les premiers sauts filmés et documentés depuis El Capitan, la légendaire paroi de 900 mètres du parc de Yosemite en Californie.
C’est également lui qui crée l’acronyme BASE et pose les bases techniques de la discipline. Boenish décède en 1984 lors d’un saut en Norvège, quelques jours après avoir établi un record sur le Troll Wall.

À savoir : en France, le base jump s’est développée principalement dans les Alpes à partir des années 1980-1990, avec des communautés actives autour de Chamonix et des Écrins.

Les différences techniques avec le parachutisme classique

Plusieurs caractéristiques techniques distinguent le base jump du parachutisme depuis un avion, et expliquent pourquoi il est considéré comme nettement plus dangereux.

L’absence de parachute de secours

En parachutisme classique, chaque équipement comporte deux voiles : une principale et une de secours. En cas de problème avec la voile principale, le parachutiste peut actionner sa réserve.

En base jump, l’équipement ne contient qu’une seule voile. La philosophie est différente : à 200 ou 300 mètres d’altitude, le temps de déploiement d’une seconde voile serait insuffisant pour qu’elle s’ouvre avant le sol.

Le temps d’ouverture drastiquement réduit

En parachutisme classique depuis 4 000 mètres, le parachutiste dispose de 40 à 55 secondes de chute libre avant d’ouvrir à environ 1 500 mètres.

En base jump, l’ouverture intervient dans les 3 à 20 secondes suivant le saut. Depuis une falaise de 100 mètres, il n’y a littéralement que quelques secondes pour que la voile se déploie correctement. Chaque geste, chaque pliage, chaque position de corps est critique.

Le matériel spécifique

Le parachute en base jump est conçu spécifiquement pour cette contrainte d’ouverture ultra-rapide. Le pliage de la voile suit une technique asymétrique particulière, différente du parachutisme classique. Le « pilot chute » (petit parachute extracteur) joue un rôle déterminant dans la rapidité de déploiement.

Les styles de base jump

StyleDescriptionNiveau requis
Saut vertical classiquePosition stable, ouverture rapide, éloignement minimal de la paroiDébutant base jump
Track jumpPosition profilée pour avancer horizontalement, s’éloigner de la falaiseIntermédiaire
Wingsuit base jumpCombinaison ailée pour vol horizontal prolongéExpert (200+ sauts, base + 500, + parachute)
Proximity flyingVol rasant à quelques mètres des parois en wingsuitElite mondiale

Le wingsuit appliqué au base jump représente la discipline la plus spectaculaire et la plus médiatisée : les vidéos de vol de proximité entre les parois alpines sont celles qui ont fait connaître la pratique au grand public. Elles montrent aussi la discipline dans sa forme la plus dangereuse, réservée aux meilleurs pratiquants mondiaux après des années de progression d’entrainements et de sauts.

Base jump
Avec plusieurs centaines de pratiquants en France, le base jump séduit les amateurs de sensations fortes malgré les risques élevés liés à cette discipline. ©Sinesp – Shutterstock

Les prérequis pour s’initier au base jump

Avant tout, il faut avoir réalisé un stage PAC complet pour être autonome en parachutisme. La communauté base jump exige ensuite un minimum de 500 sauts en parachute depuis un avion avant d’envisager le premier saut depuis un point fixe.

À savoir : ces conditions sont indispensables pour bien savoir maîtriser la position du corps en chute libre, la gestion de l’altitude et les procédures d’ouverture dans des conditions variées.

La formation spécialisée en base jump dure généralement deux semaines, comprenant théorie, pliage du parachute de base, sauts depuis un pont puis depuis des falaises progressivement plus hautes. Les stages sont organisés dans des pays où la réglementation est favorable : Suisse, Norvège et Espagne sont les destinations de formation les plus reconnues.

À savoir : en France, la French BASE Association (FBA) affiliée à la FFCAM accompagne les pratiquants et a pour objectif la promotion du base jump en France.

Les meilleurs spots de base jump en France

La France dispose de spots naturels de renommé, principalement dans les massifs alpins :

  • La région de Chamonix est la capitale française du base jump, avec des falaises accessibles depuis les remontées mécaniques et une communauté de pratiquants active.
  • Les Gorges du Verdon et les falaises calcaires du Sud-Est offrent des configurations variées, appréciées pour leur ensoleillement et leur accessibilité.
  • Le Viaduc de Millau (343 mètres), le plus haut pont à haubans du monde, est l’un des sites de base jump sur infrastructure les plus célèbres d’Europe, utilisé ponctuellement lors d’événements autorisés.

À savoir : la pratique sur site naturel (falaises, massifs) nécessite généralement une autorisation de l’ONF, du gestionnaire du site ou de la commune. Les espaces protégés (parcs nationaux, réserves naturelles) imposent des restrictions spécifiques. Sur les infrastructures (ponts, bâtiments), l’accord du propriétaire est obligatoire. Les sauts non autorisés exposent à des poursuites.

Ce que disent les statistiques sur le risque

Le base jump est objectivement dangereux, et les pratiquants le savent. Les statistiques disponibles estiment la mortalité à environ 43 fois supérieure à celle du parachutisme classique. On dénombre une trentaine de décès par an dans le monde pour une communauté estimée entre 8 000 et 10 000 pratiquants.

Il est important de distinguer les accidents selon les styles de pratique. Le saut vertical classique depuis un pont ou une falaise accessible, avec un matériel adapté et une bonne expérience, présente des risques maîtrisables pour un pratiquant formé.
Le « proximity flying » en wingsuit, à quelques mètres des parois, représente le niveau de risque le plus élevé et concentre une part significative des accidents graves.

Les pratiquants sérieux insistent sur l’importance de la formation progressive, du mentorat par des jumpers expérimentés et de l’évaluation rigoureuse des conditions de chaque saut. La communauté base jump française est connue pour sa culture de la sécurité et de la transmission.

Base jump et parachutisme : deux mentalités différentes

Techniquement proches, les deux disciplines partagent peu de choses dans leur philosophie. Le parachutisme sportif encadré par la FFP repose sur une structure formelle de brevets, de moniteurs et d’encadrement institutionnel.

Le base jump assume une totale autonomie du pratiquant et l’absence de réglementation spécifique : c’est la responsabilité personnelle, et non un cadre externe, qui détermine les conditions du saut.

Les questions les plus fréquentes

Peut-on faire du base jump sans avoir fait de parachutisme ?

Non. Les 500 sauts en parachute depuis un avion sont un prérequis absolu reconnu par toute la communauté base jump. Certains vont même dire que cela nécessite plus de 500 sauts voire 1000 sauts minimum au vu de la complexité et des risques de la discipline.

La maîtrise des positions de corps, la gestion de l’altitude et les réflexes d’ouverture acquis en parachutisme classique sont indispensables pour les délais ultra-courts du base jump.

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