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Montgolfière aux Tuileries : du premier vol à la vasque olympique

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Mehdi

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Montgolfière aux Tuileries : du premier vol à la vasque olympique
  • Le 1er décembre 1783, le physicien Jacques Charles réalise le premier vol en ballon à hydrogène au Jardin des Tuileries, devant 300 000 spectateurs.
  • Le Jardin des Tuileries symbolise l’histoire aérienne parisienne, avec des exploits notables comme l’évasion de Léon Gambetta en ballon en 1870.
  • En 2024, la vasque olympique des Jeux de Paris est suspendue à un ballon captif à hélium au-dessus des Tuileries, hommage au premier vol de 1783.

Il est des lieux où l’histoire semble se répéter. Le jardin des Tuileries, à Paris, fait partie de ceux-là. C’est ici, entre le Louvre et la place de la Concorde, que s’éleva le premier ballon à hydrogène de l’histoire en décembre 1783.

Et c’est encore ici, plus de deux siècles plus tard, que la vasque olympique des Jeux de Paris 2024 a pris son envol, portée par un ballon captif à l’hélium, hommage à ce premier exploit aérien.

Le 1er décembre 1783 : un jour historique sous le ciel de Paris

En ce 1er décembre 1783, le Jardin des Tuileries grouille de monde. Plus de 300 000 personnes se pressent entre les allées, impatientes d’assister à un événement encore impensable quelques mois plus tôt. Le premier vol en ballon gonflé à l’hydrogène !
Devant cette foule, Jacques Charles, physicien et inventeur, s’apprête à décoller accompagné de l’un des frères Robert, les constructeurs du ballon.

Le moment est solennel. Moins de trois mois après le vol des frères Montgolfier à Versailles, les Parisiens découvrent un nouveau miracle. Non plus l’air chaud, comme dans une montgolfière des frères Montgolfier, mais le gaz le plus léger du monde, l’hydrogène, va soulever les deux hommes dans le ciel de Paris.

Après un vol de 36 kilomètres et plus de deux heures de voyage, le ballon se pose à Nesles-la-Vallée, au nord de Pontoise. Là, Jacques Charles, grisé par l’expérience, décide de repartir seul pour un second vol et monte encore plus haut, seul dans l’immensité du ciel.

Le ciel des Tuileries : théâtre des grandes envolées parisiennes

Le Jardin des Tuileries n’est pas qu’un lieu de promenade et d’art. Un siècle après le vol de Jacques Charles, le 7 octobre 1870, alors que Paris est assiégée par les Prussiens, Léon Gambetta s’échappe de la capitale en ballon pour organiser la résistance depuis Tours.

Puis vient l’époque des Expositions universelles. En 1878, Henri Giffard érige un ballon géant de 25 000 m³ dans le même jardin. En cent jours, 35 000 personnes s’élèvent dans les airs, découvrant pour la première fois la capitale vue d’en haut.

Paris vit alors une véritable fête du ciel. Le ballon du Trocadéro, celui du Champ-de-Mars, celui du boulevard de Grenelle… jusqu’à six ballons captifs ponctuent la ville en 1901.

Mais la Première Guerre mondiale met un terme à cet âge d’or. Les ballons disparaissent du ciel de Paris, remplacés par les avions militaires.

À savoir : c’est en 1994, et grâce la passion de Jérôme Giacomoni et Mathieu Gobbi, que le grand ballon captif fera son retour à Chantilly, en région parisienne.

Le retour du ballon à Paris : de Generali à la flamme des Jeux

La jardin des Tuileries
Le Jardin des Tuileries. ©Daboost – Shutterstock

En 1999, sous l’impulsion du journaliste Yves Mourousi, un ballon captif est de nouveau installé à Paris, au Parc André Citroën. Conçu et exploité par la société Aérophile, il devient rapidement une attraction emblématique de la capitale.

On parle d’ailleurs très souvent de la « montgolfière des Tuileries » ou de la « montgolfière de Paris » pour désigner, à tort, ce ballon captif dans les conversations.

Des milliers de Parisiens et de touristes montent chaque année dans la nacelle du Ballon Generali, qui mesure la qualité de l’air et fait découvrir la ville sous un angle inédit.

En 2010, il survole même le Pôle Nord avec l’explorateur Jean-Louis Étienne, dans le cadre du projet Generali Arctic Observer, pour sensibiliser le public au changement climatique.

Et en 2024, 241 ans après le vol de Jacques Charles, c’est encore Aérophile qui signe un exploit historique… la création du Ballon Vasque des Jeux Olympiques de Paris 2024.

À savoir : le ballon Generali est un ballon captif, il est gonflé à l’hélium car sans danger contrairement à l’hydrogène largement inflammable. Ce n’est donc pas une montgolfière au sens strict, la montgolfière n’étant pas rattachée au sol et fonctionnant grâce à l’air chaud.

Le 26 juillet 2024 : la vasque olympique s’élève au-dessus des Tuileries

Le 26 juillet 2024, à 23h24, le Jardin des Tuileries redevient le théâtre d’un moment historique. Sous les yeux du monde entier (1,5 milliard de téléspectateurs), les champions Teddy Riner et Marie-José Pérec penchent leur flamme vers un anneau de sept mètres de diamètre.

Mais cette flamme n’a rien de classique. Elle ne brûle ni gaz, ni huile, ni combustible fossile.

Son éclat naît d’une brume d’eau illuminée par 40 projecteurs LED, mise en mouvement par 200 buses haute pression. L’ensemble, imaginé par Mathieu Le Hanneur et propulsé par EDF, est un chef-d’œuvre technologique et poétique, un hommage à la légèreté et à l’audace française.

Lentement, majestueusement, la vasque volante s’élève jusqu’à 60 mètres de hauteur, au-dessus du Louvre et de la Seine. La chanteuse Céline Dion entonne « L’Hymne à l’amour« , d’Edith Piaf.

À savoir : le choix du jardin des Tuileries n’a rien d’un hasard. Il s’agit du plus ancien jardin public de Paris, créé au XVIᵉ siècle, et du cœur symbolique de la capitale. Avec près de 14 millions de visiteurs par an, il est aussi le plus fréquenté.

Après les Jeux : un nouveau chapitre dans le ciel de Paris

Le 14 septembre 2024, la vasque s’allume une dernière fois pour la Parade des Champions français, illuminée aux couleurs tricolores. Le lendemain, elle est démontée avec soin. Son hélium est recyclé et le ballon retourne dans les ateliers d’Aérophile.

Mais ce n’est qu’un au revoir. Dès juin 2025, la vasque revient chaque été, du 21 juin (Fête de la Musique) au 14 septembre (Fête du Sport).

Rebaptisée « Vasque Paris 2024 », elle n’est plus liée aux Jeux, mais on reste toujours émerveillé devant ce chef-d’œuvre.

Le président français Emmanuel Macron le confirme : « Elle reviendra chaque été, jusqu’aux Jeux de Los Angeles. »

Les questions les plus fréquentes

Comment fonctionnait le ballon captif utilisé lors des Expositions Universelles au XIXe siècle ?

Le ballon captif était attaché au sol par un câble qui empêchait sa dérive. Il pouvait ainsi s’élever et descendre verticalement, permettant aux passagers de découvrir la ville vue d’en haut sans risque de s’éloigner.
Ce système avaitbeaucoup de succès lors des Expositions universelles où plusieurs ballons étaient installés à Paris.

Quelle était la différence principale entre le premier vol du ballon à hydrogène de Jacques Charles et celui des frères Montgolfier ?

Le premier vol du ballon à hydrogène réalisé par Jacques Charles utilisait du gaz hydrogène, le plus léger connu, tandis que les frères Montgolfier avaient utilisé de l’air chaud pour faire décoller leur ballon qu’on appellera plus tard une montgolfière.
Cette différence permettait au ballon de Jacques Charles de voler plus haut et plus longtemps.

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