Snorkeling dans les Calanques : la vie sous la surface

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Manon

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Snorkeling dans les Calanques : la vie sous la surface
  • Les Calanques abritent un écosystème méditerranéen structuré autour de trois habitats principaux : les herbiers de posidonie (plante endémique de Méditerranée, véritable poumon des fonds marins), les fonds rocheux (falaises immergées habitées par la faune : gorgones, éponges), et les zones de sable (moins riches en surface mais fréquentées par certains poissons).
  • Les espèces les plus visibles lors d’une session de snorkeling sont les sars , les girelles paon , les castagnoles, les oursins violets, les saupes . Plus rares, il est également possible de rencontrer des mérous bruns, des poulpes ou encore des rougets.
  • La posidonie, plante à fleurs endémique de Méditerranée, est le poumon des Calanques. Ses prairies sous-marines produisent l’oxygène de l’eau, filtrent les sédiments, servent de nurserie à de nombreux poissons et sont classées habitat prioritaire par l’Union européenne.

Les Calanques de Marseille sont l’un des rares endroits en France métropolitaine où l’on peut, depuis la surface avec un simple masque et tuba, observer un écosystème marin méditerranéen quasi intact. Cette biodiversité ne relève pas du hasard : elle résulte de la nature du littoral, du statut de Parc National depuis 2012, et d’une géographie sous-marine particulière qui abrite en peu d’espace la plupart des espèces caractéristiques de la Méditerranée occidentale.

Ce guide décrit ce qu’on observe réellement sous la surface, comment identifier les espèces principales et pourquoi le snorkeling dans les Calanques offre une expérience différente des autres spots de la Méditerranée.

À savoir : pour le guide général : snorkeling et plongée en France. Pour comparer les activités : différence entre snorkeling et plongée bouteille.

La géographie sous-marine des Calanques

Calcaire, eau turquoise et biodiversité unique

Les Calanques sont formées de calcaire urgonien (crétacé inférieur), une roche dure et poreuse qui plonge dans la mer par des falaises verticales et des tombants sous-marins. Cette géologie a plusieurs conséquences pour le snorkeling :

  • L’eau est transparente : la faible quantité de sédiments érodables et l’absence de grand fleuve à proximité maintiennent une visibilité exceptionnelle. En été, la transparence dépasse souvent 15 à 20 mètres, ce qui permet depuis la surface d’observer le fond à 8-10 mètres de profondeur.
  • Les falaises immergées créent des micro habitats : le tombant vertical, la présence d’anfractuosités, de grottes et de surplombs génère une multitude de niches écologiques que la faune méditerranéenne colonise depuis des millénaires.

Les trois zones habitées

  • Les tombants rocheux (0 à 20 mètres) : recouverts d’algues, de gorgones, d’éponges. C’est là que se concentrent bien souvent les poissons benthiques (girelles, sars, castagnoles) qui les utilisent comme refuges.
  • Les herbiers de posidonie (5 à 30 mètres) : les prairies denses de posidonie couvrent les zones de sable proches des tombants. Elles abritent une biodiversité spécifique : hippocampes, cardinaux, rascasses juvéniles…
  • Les zones sableuses (0 à 40 mètres) : moins riches en surface, elles servent de zones de chasse pour les prédateurs (mérous, congres) et d’habitat aux poissons de fond (rougets, soles, raies).

Les espèces à identifier au snorkeling

Les poissons de surface les plus fréquents

  • Les castagnoles : petits poissons noirs de 8-15 cm, formant des bancs de plusieurs dizaines d’individus au-dessus des tombants. C’est souvent la première espèce que l’on remarque en entrant dans l’eau.
  • Les sars : poissons argentés de 15-30 cm à rayures noires verticales. Ils vivent en petits groupes proches des rochers. Souvent curieux, ils viennent parfois inspecter les nageurs sans crainte marquée.
  • Les girelles : Poissons multicolores caractéristiques de la Méditerranée. Les mâles adultes présentent une bande orange vif sur fond vert-bleu. C’est l’un des poissons les plus colorés visibles au snorkeling en Europe.
  • Les saupes : poissons jaunâtres avec des rayures dorées, de 20 à 40 cm. Ils forment des bancs qui broutent la posidonie et les algues.

Les invertébrés à connaître

  • Les oursins violets : très nombreux dans les zones rocheuses jusqu’à 4-5 mètres de profondeur. Ils se cachent dans les anfractuosités et sortent la nuit. Attention lors des sorties : leurs piquants sont douloureux.
  • Les étoiles de mer rouges : rouge vif, taille moyenne (10-20 cm), visibles sur le sable et les rochers.
  • Les concombres de mer : tubes noirs allongés de 15-30 cm posés sur le sable. Peu spectaculaires mais fondamental pour l’écosystème.

Les rencontres plus rares mais possibles

  • Le mérou brun : grand poisson brun tacheté, pouvant atteindre 1,5 mètre. Emblème de la Méditerranée, une rencontre est un moment marquant du snorkeling.
  • Le poulpe : souvent visible caché dans les anfractuosités des tombants, reconnaissable à ses tentacules et à son changement de couleur rapide.
  • Le corb : grand poisson gris-argenté ressemblant à un mérou, mais plus élancé. C’est une espèce menacé.
  • Les rougets : poissons rouge-rose à barbillons visibles, généralement en bancs sur les fonds sableux.

La posidonie : la plante indispensable

La posidonie de Méditerranée n’est pas une algue mais une plante à fleurs (au sens botanique) qui pousse uniquement en Méditerranée. Ses prairies sous-marines, appelées « herbiers », sont l’un des écosystèmes les plus importants du monde marin.

Ce que fait la posidonie :

  • Elle produit de l’oxygène en quantité importante.
  • Elle filtre les sédiments et clarifie l’eau.
  • Elle abrite une biodiversité considérable : environ 25% des espèces marines méditerranéennes vivent en dépendance des herbiers de posidonie à un moment de leur cycle de vie.
  • Elle protège les côtes en atténuant la houle.

À savoir : la posidonie pousse extrêmement lentement (1 cm par an). Les herbiers actuels ont mis des siècles à se former. Toute dégradation (mouillage sur herbier, arrachage) est quasi-irréversible. Le respect de cet écosystème est une préoccupation majeure du Parc National des Calanques.

La réglementation du Parc National

Depuis 2012, les Calanques sont un Parc National. Le snorkeling y est autorisé mais certaines règles sont strictes :

  • Interdictions : prélever quoi que ce soit (poissons, coquillages, oursins, plantes), nourrir la faune, toucher les gorgones et les corail rouge ou encore mouiller sur les herbiers de posidonie est interdit.
  • Zones de protection renforcée : certaines zones (dans les calanques les plus sensibles) sont interdites d’accès ou soumises à des restrictions saisonnières pour préserver les populations en régénération.
  • Signalement recommandé : les observations remarquables (grands mérous, tortues marines rares) peuvent être signalées à la gestion du parc pour le suivi scientifique.

Le meilleur moment pour observer

  • Le matin tôt (7h-10h) : la visibilité est maximale, les poissons sont plus actifs, la fréquentation encore faible. C’est le créneau idéal pour l’observation.
  • En fin d’après-midi (17h-19h) : la lumière rasante donne aux tombants une esthétique particulière. Certaines espèces (poulpes, murènes) sortent de leurs abris.
  • La période mai-octobre : eau à 18-24°C, visibilité optimale, biodiversité visible. L’été (juillet-août) reste la meilleure période mais c’est la période où le parc est le plus fréquenté.

Les questions les plus fréquentes

Faut-il un équipement spécifique pour le snorkeling dans les Calanques ?

Un masque, un tuba et des palmes suffisent. En été, une simple combinaison shorty (2-3 mm) suffit pour prolonger les sessions au-delà de 30 minutes. Mais sachez que bien souvent le prestataire fourni tout l’équipement. Voir aussi : quelle tenue de snorkeling choisir ?

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