Plusieurs G dans un avion de chasse : ce que le corps ressent vraiment

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Patrice

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Plusieurs G dans un avion de chasse : ce que le corps ressent vraiment
  • 1 G est la gravité terrestre normale. À 1 G, votre corps pèse ce qu’il pèse. À 4 G, votre poids apparent est multiplié par 4.
  • L’effet principal qu’exercent des G positifs élevés sur le corps est la perte de connaissance si la force est trop forte ou trop soudaine. Les pilotes de combat s’entraînent spécifiquement pour résister à cet effet.
  • Dans un avion de chasse biplace, les passagers civils subissent généralement entre 2 et 5 G lors des manœuvres standards. C’est suffisant pour ressentir les effets physiques, sans danger et avec un pilote expérimenté.

Cette force que l’on appelle « G » est l’accélération gravitationnelle : elle est au centre de l’expérience du vol en avion de chasse.

Ce guide explique ce qu’elle fait réellement au corps, comment les pilotes la gèrent, et ce que ressent un passager novice lors d’un baptême de vol en avion de chasse.

À savoir : pour le guide général : guide complet avion, ULM, planeur et simulateur.

La physique des G : comprendre cette force

Qu’est-ce qu’un G ?

Le G est une unité d’accélération. 1 G = 9,81 m/s², soit l’accélération gravitationnelle terrestre. Quand un avion fait un virage serré ou fait un looping, il génère une accélération centripète qui s’ajoute à la gravité. Le corps « ressent » donc cette accélération comme un poids supplémentaire.

Les G positifs et les G négatifs

Les G positifs sont les plus courants : le sang est poussé vers les jambes.

Les G négatifs (G négatifs, ou pushover) se produisent lors des manœuvres en piqué ou en dehors d’un looping. À l’inverse des G positifs, le sang est poussé vers la tête.

Ce que le corps ressent de 1 G à 5 G

À 2 G

À 2 G, la sensation est comparable à un démarrage brusque en voiture ou à une montée dans les airs lors d’un saut. Le corps « pèse » le double. Pour la grande majorité des personnes, 2 G restent confortables et n’engendrent aucun effet indésirable.

À 3-4 G

C’est la plage de G la plus courante lors d’un baptême en avion de chasse biplace. À 3-4 G :

  • La vision se rétrécit : la vision périphérique commence à se réduire. Ce phénomène, appelé « greyout » (pas de perte de conscience, juste un rétrécissement du champ visuel) est dû au manque d’afflux sanguin vers la rétine.
  • Les muscles demandent un effort : lever le bras contre 3-4 G demande un effort notable. La tête, si elle n’est pas soutenue par le dossier du siège, tire vers le bas. Les pilotes maintiennent la tête droite par la contraction active des muscles du cou.
  • La voix change : parler à 4 G va demander un effort supplémentaire.

Et les pilotes d’avion de chasse ?

Les pilotes de chasse professionnels tolèrent jusqu’à 9 G pendant plusieurs secondes grâce à leur combinaison anti-G (qui comprime le bas du corps pour empêcher le sang de descendre trop bas) et à la technique de respiration « AGSM » (Anti-G Straining Maneuver).

Les appareils de chasse biplace disponibles en France

Le Fouga Magister

Le Fouga CM.170 Magister est l’avion de chasse biplace le plus répandu pour les vols civils en France. Avion à réaction d’entraînement militaire français (premier vol en 1952), il a formé des générations de pilotes de l’Armée de l’air française. Il peut atteindre environ 700 km/h.

L’Aero L-39 Albatros

L’Aero L-39 Albatros est l’un des avions de chasse biplace les plus répandus dans le monde. Son réacteur lui permet d’atteindre 750 km/h. Disponible dans plusieurs structures en France, il est apprécié pour ses performances et sa fiabilité.

Se préparer aux G : conseils pratiques

  • Ne pas voler à jeun ni après un repas lourd : l’estomac plein augmente le risque de malaise. Un estomac vide complètement peut aussi poser des problèmes de régulation glycémique. La règle habituelle : un repas léger 2 heures avant.
  • Éviter l’alcool : l’alcool dilate les vaisseaux sanguins, ce qui aggrave les effets des G positifs sur la vision.
  • Signaler toute contre-indication : problèmes cardiovasculaires, hypertension, hernies, opérations récentes : autant de contre-indications possibles.
  • Communiquer avec le pilote : si les effets deviennent trop intenses pendant le vol, le pilote doit le savoir immédiatement.

À savoir : il est très souvent demandé de fournir un certificat médical de non-contre-indication à la pratique du sport aérien.

Les questions les plus fréquentes

Peut-on perdre connaissance lors d’un baptême en avion de chasse ?

Les pilotes professionnels qui font voler des passagers civils calibrent les manœuvres pour éviter d’approcher du seuil de perte de conscience. Ils connaissent les limites physiologiques d’un corps non-entraîné et adaptent l’intensité des manœuvres.

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