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Wingsuit : tout savoir sur le vol en combinaison ailée

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Lucas

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Wingsuit : tout savoir sur le vol en combinaison ailée
  • Le wingsuit est une combinaison ailée portée par les parachutistes pour transformer la chute libre en vol horizontal : pour 1 mètre de descente, on peut parcourir jusqu’à 3 mètres horizontalement avec un wingsuit.
  • En France, la Fédération Française de Parachutisme exige un minimum de 150 sauts et le brevet BPA avant de s’initier au wingsuit en avion. C’est une discipline qui nécessite une solide expérience en parachutisme classique.
  • Il existe une option wingsuit en tandem permettant de vivre l’expérience sans expérience préalable, proposée par quelques opérateurs spécialisés.

Voir un homme fendre l’air à flanc de falaise en combinaison ailée, à quelques mètres du relief, est l’une des images les plus spectaculaires que le monde du sport extrême ait produites. Le wingsuit fascine autant qu’il impressionne.

Mais derrière les vidéos virales se cache une discipline structurée, encadrée et accessible selon une progression précise. Ce guide répond à toutes les questions essentielles sur le wingsuit : ce que c’est, comment y accéder, et ce que l’on ressent réellement en vol.

À savoir : le wingsuit est l’une des spécialités avancées du parachutisme sportif. Pour partir de la base, consultez notre guide complet du saut en parachute qui couvre l’ensemble des disciplines aériennes.

Qu’est-ce que le wingsuit ?

Le wingsuit, ou combinaison ailée en français, est une tenue spécialement conçue pour les parachutistes. Elle intègre des membranes de tissu entre les bras et le torse, et entre les jambes, qui créent des surfaces portantes lorsqu’elles sont gonflées par le flux d’air en chute libre.

Le résultat : au lieu de tomber verticalement à 200 km/h comme en chute libre classique, en wingsuit, on glisse horizontalement, transformant son corps en véritable aile humaine.

À savoir : le ratio de planée d’un wingsuit est saisissant. Pour 1 mètre de chute verticale, un pilote expérimenté peut parcourir jusqu’à 3 mètres horizontalement, voire davantage avec les combinaisons haute performance.

Le vol en wingsuit se termine toujours par l’ouverture d’un parachute classique. Il n’existe pas de wingsuit sans parachute : le terme est parfois confondu avec le base jump ou la chute libre sans filet, mais ce sont des disciplines radicalement différentes.

Les origines : Patrick de Gayardon et Loïc Jean-Albert

Le wingsuit moderne est né en France. C’est Patrick de Gayardon, surnommé « Deug », qui a développé dans les années 1990 la première combinaison avec des caissons gonflables transformant le corps en aile.

À savoir : pionnier absolu du vol humain, il a ouvert la voie à la discipline moderne avant de disparaître accidentellement en 1998 lors d’un test de matériel.

Loïc Jean-Albert a ensuite contribué à populariser le wingsuit de proximité, en réalisant notamment l’un des premiers vols rasants sur un versant enneigé en Suisse, qui a marqué les esprits dans le monde entier. Ces deux Français ont littéralement inventé le sport aérien le plus spectaculaire qui existe.

Wingsuit depuis un avion vs wingsuit en base jump : deux disciplines distinctes

C’est la confusion la plus fréquente chez le grand public. Les vidéos de vol en wingsuit proche de falaises alpines montrent du wingsuit base jump : le sauteur part depuis un point fixe (falaise, paroi, sommet) avec un parachute de base jump. C’est la variante la plus dangereuse et la plus spectaculaire, réservée aux experts comptant plusieurs centaines voire milliers de vols en wingsuit avion.

Le wingsuit depuis un avion est la forme standard et la porte d’entrée dans la discipline. Le sauteur embarque dans un avion, monte jusqu’à l’altitude de largage, et saute équipé de sa combinaison. Il vole horizontalement pendant plusieurs minutes avant d’ouvrir son parachute. Moins spectaculaire que le vol de proximité, mais déjà extraordinaire dans les sensations et les panoramas.

Vol en wingsuit
Rien de plus sensationnel qu’un vol en wingsuit. ©Sinesp – Shutterstock

Les conditions pour pratiquer le wingsuit en France

La Fédération Française de Parachutisme encadre strictement la pratique du wingsuit.

Avant d’accéder au wingsuit, il faut donc obligatoirement :

  • Avoir réalisé un stage PAC complet pour devenir parachutiste autonome
  • Accumuler au minimum 150 sauts en chute libre classique
  • Obtenir le Brevet de Parachutisme Autonome (BPA) délivré par la FFP
  • Être initié par un moniteur wingsuit qualifié

Cette progression peut paraître longue, mais 150 sauts représentent en pratique environ un an de pratique régulière à raison de quelques week-ends par mois.

À savoir : les disciplines variées du parachutisme sportif comme le freefly ou la voile contact constituent d’excellentes étapes intermédiaires.

Les sensations du vol en wingsuit

Décrire ce que l’on ressent en wingsuit est difficile parce que la sensation est radicalement différente de tout ce qui existe par ailleurs. En chute libre classique, on tombe. En wingsuit, on vole.

La première différence est auditive. Le vent en wingsuit est plus sourd, plus enveloppant que la chute libre standard : les membranes de la combinaison qui gonflent forment une sorte de cocon sonore.

La deuxième différence est la perception du mouvement. Au lieu de voir la Terre se rapprocher verticalement, le sol défile horizontalement, ce qui amplifie considérablement la sensation de vitesse et de déplacement.

La troisième différence est la sensation de contrôle. Incliner légèrement les épaules modifie la trajectoire, déployer un bras change la direction. Le corps devient un instrument de vol précis, répondant à chaque ajustement.

À savoir : la difficulté technique principale concerne l’ouverture du parachute. Le corps est dans une position très différente de la chute libre classique, et les procédures d’ouverture doivent être adaptées. C’est pourquoi l’encadrement par un initiateur wingsuit est obligatoire pour les premiers vols.

Le wingsuit tandem : découvrir l’expérience sans prérequis

Pour ceux qui veulent vivre les sensations du wingsuit sans les 150 sauts requis, il existe le wingsuit en tandem. Quelques opérateurs spécialisés proposent des vols en wingsuit biplace, où le passager est attaché à un moniteur expert. Le moniteur gère intégralement le vol et l’ouverture du parachute, exactement comme un saut en tandem classique.

Cette formule n’est pas disponible dans tous les centres : elle nécessite un matériel spécifique et des moniteurs avec une expertise wingsuit avancée. Les conditions d’accès (poids, état de santé) sont généralement identiques à celles d’un tandem classique.

Quel équipement pour le wingsuit ?

La combinaison wingsuit représente l’investissement principal. Les tarifs varient selon le niveau :

  • Combinaison d’initiation (niveau 1) : 1 200 à 1 800 € en moyenne
  • Combinaison intermédiaire (niveau 2) : 1 800 à 2 500 € en moyenne
  • Combinaison haute performance (niveau 3) : 2 500 à 3 500 € en moyenne

Le parachute utilisé en wingsuit doit également être adapté : les vitesses de déploiement sont différentes de la chute libre classique, et certains modèles de voiles se comportent mieux que d’autres dans ce contexte.

Les questions les plus fréquentes

Combien de temps dure un vol en wingsuit ?

Depuis un avion à 4 000 mètres, un vol en wingsuit dure entre 1 et 3 minutes en moyenne avant l’ouverture du parachute, contre 45 à 55 secondes en moyenne pour la chute libre classique. Le vol horizontal plus lent permet une durée de vol significativement plus longue.

Le wingsuit et le base jump sont-ils la même chose ?

Non. Le base jump consiste à sauter depuis un point fixe (falaise, pont, bâtiment) avec un parachute spécifique.
Le wingsuit est une combinaison ailée qui peut être utilisée aussi bien depuis un avion (forme standard) que depuis un point fixe (base jump avec wingsuit).

Pour tout savoir sur le base jump, consultez notre article dédié sur le base jump.

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