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Tenir le manche d’un hélicoptère : les premières sensations

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Patrice

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Tenir le manche d’un hélicoptère : les premières sensations
  • Les vibrations sont généralement ce qui étonne le plus en premier. Un hélicoptère en vol de croisière vibre de manière continue. Cette vibration n’est pas inconfortable mais elle est présente et change la nature de l’expérience.
  • Le cyclique (le manche principal) est extrêmement sensible. Les corrections nécessaires doivent être extrêmement précis : quelques centimètres suffisent pour initier un changement de trajectoire. La plupart des débutants sur-corrigent lors des premières sessions, ce qui crée des oscillations.
  • Le fait de quitter le sol verticalement en hélicoptère donne littéralement la sensation de léviter.

Il y a une chose que les pilotes d’hélicoptère ne disent jamais aux non-pilotes : l’hélicoptère vibre énormément. Pas comme une voiture sur une route pavée, pas comme un avion dans les turbulences, mais d’une façon propre, régulière, qui part du rotor et se propage à travers le fuselage, les sièges, les commandes, jusqu’aux mains et aux pieds du pilote.

Ce guide décrit les sensations physiques ressenties lors de la première initiation au pilotage d’un hélicoptère.

À savoir : pour le guide général : guide complet du baptême en hélicoptère.

Les sensations avant même de décoller

Le briefing et l’installation

Lors d’un baptême passager, le briefing est court. Mais lors d’une initiation au pilotage, le briefing est généralement plus long. L’instructeur explique le rôle de chaque commande (cyclique, collectif, pédales, régulateur de gaz), les zones à ne pas toucher (certaines commandes de secours, le rotor de queue en marche), la procédure de communication avec la tour de contrôle, les gestes d’urgence…

Ce que ça change mentalement : on n’est plus passager. On devient donc responsable et on se doit d’être concentré. Cette responsabilité est certes un peu intimidante, mais c’est ce qui rend le pilotage excitant !

Le démarrage du moteur

Le démarrage d’un hélicoptère commence par le démarrage du moteur à piston, similaire à un moteur d’avion léger. Puis le rotor est engagé : les pales commencent à tourner, lentement d’abord, puis progressivement jusqu’au régime de vol.

Ce que ça change depuis le siège gauche : on sent le couple du rotor dans le fuselage. Quand le rotor atteint son régime nominal, l’hélicoptère « se stabilise » et les commandes s’animent d’une légère tension. Ce sont des choses que l’on ne peut pas ressentir lorsque l’on est passager.

La décollage : les premières secondes aux commandes

Le collectif

Le collectif est le levier tenu par la main gauche du pilote, qui contrôle l’augmentation ou la diminution globale du pas des pales. Le tirer vers le haut augmente la portance et fait monter l’hélicoptère. En théorie, c’est simple. Mais en pratique, la réalité est bien différente. En effet, la première fois qu’un élève pilote tente de monter l’hélicoptère, soit :

  • L’hélicoptère part de travers : monter le collectif augmente le régime moteur, ce qui augmente le rotor anticouple, ce qui fait tourner le nez.
  • L’hélicoptère oscille de droite à gauche : en essayant de corriger le lacet avec les pédales, l’élève génère un mouvement du nez, essaie de corriger avec le cyclique, sur-corrige, et se retrouve en oscillations.

À savoir : bien sûr avec de l’entrainement, ces situations deviennent maitrisées !

La sensation de lévitation

Quand l’hélicoptère quitte le sol et que l’on ressent cela pour la première fois, la sensation est unique. Contrairement à un avion qui accélère avant de s’élever progressivement, l’hélicoptère monte verticalement. En quelques secondes, le sol est à 2 mètres, puis 5 mètres, puis 20 mètres, sans que l’appareil ait bougé horizontalement.

Cette lévitation verticale est l’une des sensations les plus caractéristiques du vol en hélicoptère. L’instructeur guide les corrections, mais l’élève tient les commandes et « sent » la montée à travers le collectif et le cyclique.

Les sensations en vol de croisière

Quitter le vol stationnaire

Une fois en altitude, l’instructeur guide l’élève vers le vol de croisière : l’hélicoptère incline son rotor vers l’avant et commence à se déplacer horizontalement. La transition du vol stationnaire au vol de croisière est l’un des moments les plus délicats mais également le plus riche sensoriellement.

La lecture du paysage

En vol de croisière, l’une des tâches de l’élève est d’apprendre à « lire » le paysage pour anticiper les turbulences et identifier les zones où l’on pourrait se poser en cas d’urgence. Cette lecture, automatique chez un pilote expérimenté, doit également l’être pour un élève.

Les sensations à l’atterrissage

La finale

L’approche en hélicoptère est différente de l’approche en avion. L’hélicoptère peut descendre verticalement, ce qui permet des approches dans des espaces restreints. Pour une initiation sur un aérodrome ouvert, l’instructeur montre bien souvent une approche classique en angle de 8 à 12 degrés, combinant descente et réduction de vitesse.

Le toucher en vol stationnaire

Les derniers mètres sont généralement les plus compliqués. L’hélicoptère s’immobilise en vol stationnaire à 2-3 mètres du sol, puis descend progressivement jusqu’au contact. À ce moment, l’effet de sol (la compression de l’air entre le rotor et le sol qui augmente momentanément la portance) se fait sentir : l’hélicoptère « flotte » légèrement à 1 mètre avant de se poser définitivement.

Ce qu’on retient après la première initiation

L’initiation dévoile ainsi la réalité derrière chaque vol en hélicoptère : des centaines de micro-corrections par minute, des anticipations continues, une attention permanente à l’espace qui nous entoure…

Les questions les plus fréquentes

L’initiation au pilotage est-elle accessible à quelqu’un qui n’a jamais piloté ?

Oui, c’est précisément pour ça qu’elle existe. L’instructeur reste aux commandes et peut reprendre le contrôle à tout moment. L’élève tient les commandes mais l’instructeur « suit » en permanence.

Peut-on garder les commandes pendant toute la durée de l’initiation ?

Oui et non. L’instructeur alterne généralement entre les phases guidées (il vous montre un exercice, vous l’observez avec les mains sur les commandes sans appuyer) et les phases actives (vous tenez les commandes et essayez).

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